24 mars 2009

                                             L’enfance de François Truffaut

                 François Truffaut est né le 6 février 1932 à

Paris

. Pendant les cinq premières années de sa vie, il est quasiment privé d’amour, de sentiments. Ses parents qui présentent une attitude froide et rigide, s’occupent très peu de lui, l’abandonnant à une nourrice puis à sa grand-mère.

                 A la mort de sa grand-mère, il revient chez ses parents, à l’âge de huit ans. Sa mère ne veut pas l’entendre et souhaite qu’il soit le plus invisible possible. Il se réfugie dans la lecture, puis  très vite dans le cinéma. Il n’a pas l’autorisation de ses parents ni l’argent nécessaire pour s’acheter des places de cinéma. Il entre par les portes de sortie, les fenêtres ou encore détourne l’argent de la cantine pour payer sa place. Dès que ses parents sortent le soir, il attend cinq minutes et va au cinéma. Il regarde des films et note leur nom, leurs metteurs en scène.

                   Truffaut dévore Balzac, puis fait une fugue et vole une machine à écrire. Son père le conduit à la police et le jeune Truffaut passe deux jours au commissariat avant de faire un séjour au centre pour mineurs délinquants de

Villejuif

. Entre temps, il fonde un ciné-club et se fait connaître du milieu cinéphile, en particulier d’André Bazin qui négocie sa sortie et commence à lui confier un travail de critique.

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                   Dans les films de François Truffaut, les enfants occupent une place très privilégiée. Dans tous les films de Truffaut,on peut y voir au moins la présence d’un enfant. Le rapport entre l’enfance et la vie du cinéaste est très visible. Tourner les films avec les enfants est pour Truffaut une occasion de retourner à sa propre enfance en critiquant la société adulte. L’oeuvre de Truffaut présente un ensemble remarquable de portraits d’enfants, sensibles, justes.

                  Truffaut a tourné quatre films autour du sujet de l’enfance. Les Mistons (1957) Les Quatre Cents Coups (1959), L’Enfant sauvage (1967) et L’Argent de poche (1976).

François Truffaut et les femmes

                     François Truffaut était un homme qui adorait les femmes. Il ne se cachait pas d’être à chaque nouveau film au seuil d’une relation spéciale avec son actrice principale. Chaque film de Truffaut peut donc se lire comme une déclaration d’amour à la femme qui apparaît à l’écran. L’amour des femmes pour lui fait toujours ressurgir la figure originelle, et cruellement absente, de la mère.

                     Dans ses oeuvres, ce ne sont pas seulement les jambes des femmes qui constituent le rôle important comme il le souligne “Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie”,  il évoque aussi le problème de la sexualité. C’est le film Les Deux Anglaises et le Continent. En pleine révolution sexuelle des années 70, il détonne par ses motivations : « Je n’ai pas voulu faire un film sur l’amour physique, mais un film physique sur l’amour », dit-il à sa sortie.

              2H1J02sQOPd1UeWYKCgxModIUsK7utazzRCqAVa6VZGWlnAR0ihn7Xs85qt4g6N2oOHREU4VglclG7mAOniy18dPCgS72slG1YhOfA6raDRlP1nYg2YImsdwoQ_Gv4f4I7UtJjhE8kGiaw     Le cinéaste confesse une profonde aversion pour les scènes d’amour : « C’est quelque chose d’un peu pénible à faire, mais il faut le faire. Il faut qu’elles soient sacrées sans être ridicules. On ne peut pas faire d’ellipses, parce que je trouve que ce sont des moments importants. »

                     Marié plusieurs fois, d’abord avec Madeleine Morgenstern, fille d’un distributeur de films, (Ignace Morgenstern) avec laquelle il aura deux filles prénommées Laura et Eva. Il divorcera en 1964.

                     En 1968 Truffaut veut se marier avec son actrice préférée, Claude Jade (Baisers volés, Domicile conjugal, L’amour en fuite), mais revient sur sa décision au dernier moment. Truffaut et Claude Jade restent cependant d’excellents amis.

                    Son dernier amour fut l’actrice Fanny Ardant (Vivement dimanche !, La femme d’à côté), avec laquelle il a eu une fille, Joséphine, née le 28 septembre 1983.

François Truffaut et la mort

                    François Truffaut dans ses films parle parfois de la mort. C’est le cas de La Femme d’à coté, Jules et Jim, La Peau douce.

                   La mort, dans deux de ses derniers films, apporte une solution radicale à une situation que l’on pensait résolue par un compromis, mais qui est jugé non acceptable par l’héroïne forte et entière qui est souvent la marque des films de Truffaut.

                  François Truffaut dès son premier film, Les Mistons (1957) qui aurait pu être un court métrage léger sur l’initiation à l’amour d’une  bande de jeunes garçons, introduit vers la fin la mort tragique de Gérard, dans un accident de montagne, comme un écho aux jeux guerriers et aux simulations des enfants.

                    Dans son premier long métrage, Les quatre cents coups(1959) Antoine raconte que sa mère est morte pour excuser une absence injustifiée.
En 1943, le jeune Truffaut fait une fugue et se justifie à l’école en expliquant que son père avait été arrêté par les Allemands, mensonge inspiré par l’arrestation effective de son oncle.

                      Dans son enfance, comme dans le film, il dévore Balzac, au point de lui dresser un autel avec des bougies, provoquant d’ailleurs un début d’incendie. Cette scène préfigure l’autel des morts de La Chambre verte.

                      Il meurt bien sûr trop tôt. Après la crise personnelle qui suit, en 1975, L’Histoire d’Adèle H., il ne résistera que quelques années à la maladie qui l’emportera le 21 octobre 1984. Il aimait les enfants, les femmes et le cinéma. Il avait cinquante-deux ans. Il a disparu en pleine gloire. Trop tôt, mais évidemment il est toujours vivant dans l’œuvre des cinéastes d’aujourd’hui qu’ils soient français ou étrangers.

Posté par fran7 à 11:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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